Maitriser les risques dans ses écuries

Maitriser les risques dans ses écuries

Les risques en écuries sont nombreux et sont en partie liés aux installations, aux incendies et aux risques sanitaires

Quels sont les risques liés aux installations ?

Il existe plusieurs points à vérifier dans des écuries. Le point le plus important est l’entretien des bâtiments : ils doivent être propres, rangés pour éviter des chutes par exemple, les sols doivent être non glissants et en bon état. Le toit ne laisse pas l’eau s’infiltrer et l’isolation est suffisante pour protéger du froid et des pics de chaleurs plus fréquents et plus intenses.

La ventilation est aussi un facteur essentiel dans un barn, car elle joue sur d’autres paramètres comme la température, l’hygrométrie et la pollution de l’air intérieur. Cette pollution est liée aux matériaux présents dans l’écurie, aux peintures, produits d’entretien, poussières et gaz dégagés par la litière au contact de l’urine (ammoniac).

Quant aux clôtures, elles doivent être adaptées au type et à la taille des équidés et doivent être entretenues. Les clôtures en barbelés peuvent entrainer de graves blessures et sont interdites dans le cahier des charges du label EquuRES. Les clôtures électriques doivent être signalées au public.

Les piquets en robinier faux acacia sont à éviter, car toxiques pour les chevaux. Il faut également éviter et remplacer les clôtures en bois traité à la créosote (cancérogène et reprotoxique) dont la mise sur le marché et l’utilisation sont interdites depuis 2019. Il est aussi intéressant d’avoir plusieurs accès sécurisés et empruntables au niveau des prairies et bâtiments pour les secours ou gros engins.

Comment prévenir les risques liés aux incendies ?

Il existe une grande quantité de combustibles dans les écuries liée à la présence d’importantes quantités de fourrage et aux matériaux des bâtiments.

Les départs d’incendie peuvent être causés par une installation électrique qui n’est pas aux normes ou qui dysfonctionne, par une cigarette mal éteinte, par des travaux, par la foudre ou par des véhicules ainsi que par le carburant ou les huiles utilisés pour ceux-ci.

Crédit photo : Pixabay

Afin de limiter ces risques, faites équiper votre écurie de détecteurs de fumées et d’extincteurs aux normes adaptés au type de feu que vous pourriez rencontrer : souvent dans les écuries, ils sont de classe A pour les feux de solides générant des braises et de classe B pour les feux de liquides ou de solides liquéfiables.

Les extincteurs doivent être signalés et leur fonctionnement doit être vérifié par des inspections et une maintenance régulière. Toute personne travaillant dans l’écurie doit pouvoir les utiliser et les nouveaux employés doivent être formés dès leur arrivée.

Si l’entretien des véhicules se fait sur la propriété, elle doit se faire sur une zone spécifique possédant dans l’idéal un bac de rétention avec le moteur froid et éteint. Les installations électriques sont faites par un professionnel et si un problème est identifié, il doit être adressé le plus rapidement possible. L’écurie est entretenue pour qu’il n’y ait pas d’accumulation de poussières et de toiles d’araignées inflammables. Le plus important est de mettre en place un plan d’évacuation pour les humains et les animaux.

Comment les risques sanitaires peuvent toucher ma structure ?

De nombreuses situations peuvent exposer une écurie à des risques sanitaires comme la participation à un rassemblement ou l’arrivée d’un nouveau cheval. Récemment, de nombreuses écuries ont fait face à des cas de rhinopneumonie (herpès virus équin), qui dans certains cas, ont entrainé la mort. Ces situations génèrent de l’inquiétude, mais il est possible de limiter les risques. Déjà, le niveau de risque dépend de la taille de l’effectif, de l’âge des chevaux ainsi que la fréquence des contacts avec des chevaux extérieurs ou nouveaux. Les chevaux extérieurs, jeunes ou âgés présentant le plus de risques face à des maladies, il est indispensable de mettre en place des mesures de biosécurité afin d’éviter l’introduction d’agents pathogènes, la propagation au sein de la structure ou vers d’autres structures et la contamination de l’environnement.

Quelles mesures de biosécurité mettre en place ?

Il est possible de gérer les chevaux par lot, c’est-à-dire par groupe de même statut sanitaire et conditions de vie puis de suivre le principe de la marche en avant qui consiste à mettre en place un circuit de soin qui permet de s’occuper en premier des chevaux sains, puis des chevaux à risques (nouveaux, qui se déplacent souvent, malades).

Une autre solution est de faire tester tous les nouveaux chevaux avant leur arrivée dans l’écurie. Dans l’idéal, il y a des boxes prévus et signalisés pour la quarantaine des nouveaux chevaux (3 semaines sont conseillées) et pour l’isolement des chevaux malades, à l’écart des chevaux sains, et où il y a peu de passage d’humains et aucun passage d’animaux (chiens, chats), les micro-organismes pouvant s’accrocher sur le poil.

L’humain pouvant être un vecteur de maladies, les soins des chevaux dans cette zone se font avec des gants ou en se lavant bien les mains après et avec une blouse lavable afin d’éviter la contamination des vêtements des soigneurs puis de tout le matériel d’écurie. Un pédiluve pour nettoyer les chaussures ou des surchaussures sont aussi utiles. Le matériel étant aussi un vecteur, il est utile d’avoir des lots de brosses et un équipement individualisé pour chaque cheval. Une procédure d’isolement écrite est faite et accessible aux employés. Les infrastructures jouent aussi un rôle en assurant une aération optimale et en ayant des surfaces faciles à nettoyer et désinfecter.

Comment désinfecter mon écurie ?

Certains virus et bactéries peuvent persister un certain temps dans l’environnement et donc recontaminer un cheval. Dans une écurie, il est possible de désinfecter les locaux comme les murs, les portes, poignées, les mangeoires et abreuvoirs ainsi que le matériel de pansage et d’alimentation (seau, filet à foin, musette…) et le matériel d’écurie comme les brouettes, fourches, pelles…ainsi que les camions et vans (intérieur et roues). Le désinfectant choisi doit éradiquer un large spectre de micro-organismes, agir rapidement, rester actif en présence de matières organiques, non toxique pour l’homme et l’environnement et ne doit pas détériorer les surfaces traitées. C’est pourquoi l’eau de Javel est un mauvais choix, puisqu’elle est inactive en présence de matières organiques, nocive pour l’environnement et corrosive pour les métaux. Il existe des entreprises proposant des produits désinfectants ayant un impact moins impactant sur l’environnement comme la marque Ceetal ou Steri7 partenaires du label EquuRES. Peu importe le désinfectant choisi, il faudra toujours respecter les recommandations d’utilisation (dilution du produit) et porter les EPI adaptés lors de son application. Ces produits sont stockés dans un endroit fermé et un numéro de centre antipoison est à proximité.

Il est aussi possible de s’abonner aux alertes du RESPE (réseau d’épidémio-surveillance des maladies équines européennes) pour être alerté et se renseigner sur les risques sanitaires.

Pour aller plus loin dans la gestion globale des risques, vous pouvez remplir l’autodiagnostic du label en ligne en vous inscrivant sur le site.

Sources :

MSA : Fiche équine risques et mesures prévention

Equipédia : Ventilation des écuries

Equipédia : Clôtures équestres : ce qu’il faut savoir

Equipédia : Biosécurité : la prévention, un réflexe contre les maladies !

Webconférence IFCE : Comment désinfecter mon écurie en pratique ?

Centres équestres : Prévention des risques d'incendie

Secourisme équin : Quelques mots sur la prévention incendie