Qu'est ce que la photosensibilisation ?

Qu'est ce que la photosensibilisation ?

La photosensibilisation est une pathologie causée par des molécules dites photodynamiques qui rendent la peau plus sensible aux rayons ultraviolets (UV) émis par le Soleil. Lorsque ces composés, présents sur ou dans la peau, sont exposés aux UV, ils produisent des réactions chimiques qui endommagent les cellules cutanées et provoquent une inflammation. Les lésions apparaissent le plus souvent sur des zones dépigmentées ou peu couvertes de poils comme le nez, les oreilles, les paupières, la tête, la queue, la vulve et les bourrelets coronaires. Un larmoiement excessif et une conjonctivite non purulente peuvent aussi être des indications d’une photosensibilisation.

La photosensibilisation peut se traduire par des rougeurs et une inflammation, des œdèmes, des croûtes et lésions cutanées, des suintements ou encore une douleur au toucher.

La photosensibilisation est à différencier du coup de soleil. En effet, un coup de soleil apparait après une exposition abusive aux rayons UV du soleil alors que la photosensibilisation est une réaction excessive à l’exposition au soleil due, comme mentionné précédemment, à des composés photodynamiques.

Il en existe plusieurs types :

  • La photosensibilisation primaire

  • La photosensibilisation secondaire

La photosensibilisation primaire est due à l’ingestion ou au contact d’un composé photodynamique. Ces composés peuvent se trouver dans les plantes se trouvant dans la prairie du cheval, dans les fourrages, dans des médicaments, certains produits anti-mouches ou produits pour la peau.

Voici quelques exemples de composés photodynamiques :

  • Hypéricine contenue dans le Millepertuis perforé (Hypericum perforatum).

  • Furanocoumarines contenues dans le Sarrasin commun (Fagopyrum esculentum), l’ammi élevé (Ammi majus), les plantes du genre medicago (luzernes) et d’autres plantes dans la famille des Apiacées (Panais, Angélique, Céleri...), Rutacées (huile essentielle de bergamotte, citron, pamplemousse...) et Moracées (figuier).

  • Molécules de la famille des phénothiazines comme l'acépromazine et la propionylpromazine utilisées comme tranquillisants/sédatifs en médecine vétérinaire.

Fleurs de Millpertuit perforé
Millpertuit perforé. Crédit photo : Jean François Gaffard
Inflorescence d'Ammi élevé
Ammi élevé. Crédit photo : H. Zell

La photosensibilisation secondaire a quant-à-elle une origine hépatique. En effet, normalement quand le cheval mange des végétaux, la chlorophylle contenu dans ceux-ci est transformée par les microorganimes du tube digestif en une molécule appelée phylloérythrine. Cette molécule est ensuite éliminée par le foie. Hors, dans le cas d'une atteinte hépatique, le foie ne fonctionne pas correctement et ne peut pas l'éliminer. La phylloérythrine s'accumule alors dans le sang, atteint la peau et la rend sensible aux rayons UV.

Cette atteinte hépatique peut être causée par l’ingestion de plantes hépatotoxiques contenant des alcaloïdes pyrrolizidiniques comme les séneçons : séneçon de Jacob (Jacobaea vulgaris), séneçon du Cap (Senecio inaequidens) et séneçon commun (Senecio vulgaris), et les trèfles (Trifolium spp).

Séneçon du Cap. Crédit photo : Jean Tosti
Séneçon de Jacob. Crédit photo : Christian Fischer
Trèfle hybride. Crédit photo : Ivar Leidus

Que faire en cas de photosensibilisation ?

Il faut déjà mettre le cheval à l’abri du soleil et faire appel au vétérinaire pour confirmer le diagnostic, identifier la cause des lésions (atteinte hépatique ou plante) et mettre en place un traitement adapté. Le traitement consiste le plus souvent à nettoyer les lésions pour éviter une surinfection de la peau et l’application de pommade. La zone atteinte doit être protégée des mouches. Il faudra aussi identifier et éliminer les plantes responsables.

Cheval présentant des croûtes liées à une photosensibilisation. Crédit photo : ER
Le même cheval, deux semaines après, avec nettoyage et protection de la zone. Crédit photo : ER

Quelle prévention mettre en place ?

Pour éviter la photosensibilisation, il est important de mettre en place une gestion des prairies pour éviter le surpâturage qui favorise l’apparition de plantes indésirables et bien identifier et connaitre les plantes sur les parcelles. Il est également important de surveiller les chevaux, de leur fournir des endroits à l’ombre en extérieur et de les protéger à l’aide de masques, couvertures voire de guêtres anti-mouches anti-UV et de leur appliquer de la crème solaire.

Sources :

Crédit photo de couverture : Dorothée Pain

RESPE : Photosensibilisation chez le cheval : causes, symptômes et prévention

Ameline AZAM, Antoine RACHED, Nino GARDONI, Gilbert GAULT, Meg-Anne MORICEAU, Toxiques à tropisme cutanéo-muqueux chez le cheval, Pratique Vétérinaire Equine n° 226 du 01/07/2025 : lien

Collett MG. Photosensitisation diseases of animals: Classification and a weight of evidence approach to primary causes. Toxicon X. 2019 Jul 11;3:100012. doi : 10.1016/j.toxcx.2019.100012. PMID: 32550569; PMCID: PMC7285960.

M.J. Avenel-Audran, Les plantes phototoxiques à connaître, Revue Française d'Allergologie, Volume 65, Supplement, April 2025, 104229, Communication CFA 2025 – 20e Congrès francophone d’allergologie, https://doi.org/10.1016/j.reval.2025.104229

Vet compendium : phénothiazines