Les épisodes de sécheresse et les vagues de chaleur s’intensifient d’année en année, faisant de la gestion de l’eau un enjeu majeur pour les structures équines. L’été que nous venons de traverser en est une nouvelle illustration : prairies grillées dès le début de la saison, baisse des rendements fourragers, tensions sur la ressource en eau, restrictions d’usage, augmentation des risques d’incendie…
Face à ces évolutions, adapter ses pratiques n’est plus une option mais une nécessité. Préserver la disponibilité de l’eau, notamment lors des périodes les plus critiques, est aujourd’hui un défi auquel chaque établissement est confronté.
Tour d’horizon des recommandations d’EquuRES pour mieux gérer cette ressource essentielle.
Adapter les activités équestres
L’abreuvement des chevaux représente le premier poste de consommation d’eau d’une structure équine. Or, les besoins hydriques des équidés augmentent fortement lors des épisodes de chaleur.
Pour limiter le gaspillage tout en garantissant une eau de qualité, il est conseillé de récupérer l’eau renouvelée des abreuvoirs afin d’arroser les espaces verts ou les plantations. Si l’eau verdit rapidement, mieux vaut remplir les abreuvoirs en plus petites quantités mais plus fréquemment.
Les périodes de canicule invitent également à repenser l’organisation des activités équestres. Décaler les séances aux heures les plus fraîches, tôt le matin ou en soirée, privilégier le travail à pied, les promenades ombragées ou des séances moins intensives permet de préserver le confort des chevaux tout en limitant leurs besoins en récupération. Cette adaptation réduit également le recours aux douches, dont l’utilisation peut être réservée aux situations réellement nécessaires et ciblée sur les membres ou les zones les plus sollicitées.
Préserver les prairies, une priorité 🌱
Les prairies constituent le premier maillon de l’alimentation des chevaux. Pourtant, elles sont aujourd’hui particulièrement vulnérables aux épisodes de sécheresse. Le ralentissement de la pousse de l’herbe oblige souvent les éleveurs à distribuer du fourrage plusieurs semaines, voire plusieurs mois plus tôt que d’habitude, avec des conséquences économiques importantes et un risque de pénurie lorsque les stocks sont insuffisants.
Pour préserver leur potentiel, plusieurs leviers peuvent être mobilisés : éviter le surpâturage, adapter les chargements en chevaux, mettre en place une rotation des parcelles, conserver une hauteur d’herbe suffisante pour protéger les sols du rayonnement solaire ou encore favoriser des espèces végétales plus résistantes aux sécheresses.
Le développement de haies, d’arbres et de zones ombragées contribue également à améliorer le microclimat des pâtures tout en offrant un meilleur confort thermique aux chevaux.
Penser l’exploitation dans son ensemble
En période de sécheresse, les restrictions d’usage de l’eau concernent fréquemment les réseaux publics et les prélèvements par forage. Dans ce contexte, la gestion de l’eau ne se limite pas aux consommations directes.
Développer les haies, préserver les arbres existants, créer de nouvelles zones d’ombre, choisir des essences végétales adaptées au climat local ou encore favoriser l’infiltration naturelle des eaux de pluie permettent de renforcer la résilience des exploitations tout en préservant la biodiversité.
L’entretien des carrières, manèges et pistes en sable constitue un autre poste particulièrement consommateur en eau. Pour limiter les volumes utilisés, plusieurs leviers existent : adapter les horaires d’arrosage afin de limiter l’évaporation, entretenir régulièrement les sols et les systèmes d’irrigation pour conserver un taux d’humidité optimal, ou encore privilégier l’utilisation d’eau de pluie récupérée.