A quoi sert la vaccination ?

A quoi sert la vaccination ?

Pourquoi faire vacciner son cheval ?

Le vaccin permet aux corps de se défendre contre un agent pathogène, c'est à dire un agent capable de provoquer une maladie, que cela soit une bactérie, un virus ou un parasite. Il permet d’entrainer le système immunitaire à reconnaitre et se défendre contre une maladie, ce qui permet de réduire la gravité et la durée des signes cliniques. Il permet aussi de réduire l’excrétion de l’agent pathogène, ce qui limite la transmission.

Les vaccins sont donc là pour protéger les chevaux contre des maladies potentiellement mortelles, mais également pour construire une immunité collective et donc protéger les chevaux qui ne peuvent pas être vaccinés (effet secondaire importants). Ils peuvent aussi à terme permettre d’éradiquer le pathogène.

Il est aussi plus facile de prévenir une maladie que de la guérir (c’est aussi moins cher). De plus, c'est d'autant plus interessant pour protéger des maladies dues à des bactéries, car il y a une augmentation de l’antibiorésistance. L'antibiorésistance est un phénomène où les bactéries ont acquis des mécanismes pour « échapper » aux effets des antibiotiques, ce qui les rendent moins voire non efficaces. C’est pour ça qu’on évite de les utiliser s’il n’y en a pas besoin (maladie virale par exemple) et qu’il faut consulter un vétérinaire pour qu’il puisse choisir une molécule adaptée à la bactérie rencontrée.

Pour rappel, la vaccination est un acte vétérinaire et doit donc être réalisé par celui-ci.

Impact de la couverture vaccinale sur la propagation d'une maladie. Crédit : Romain Paillot

Quels sont les types de vaccins ?

Il existe plusieurs technologies de vaccins :

  • Le vaccin vivant atténué où la version affaiblie de l’agent pathogène est utilisée.

Exemple :  Equilis StrepE® contre la gourme

  • Le vaccin inactivé où le microorganisme responsable de la maladie est inactivé et perd donc sa pathogénicité.

Exemple : EQUIP® EHV 1-4 contre les herpèsvirus de type 1 et 4

  • Le vaccin issu de plateformes technologiques qui utilise un fragment de matériel génétique ou une protéine spécifique de l’agent pathogène.

Exemple : ProteqFlu® contre la grippe

Les vaccins inactivés sont également composés d’un adjuvant qui permet d’induire une réponse immunitaire persistante et prolongée dans le temps. Les adjuvants sont souvent la causes des effets indésirables à la suite d’une vaccination. Vous pouvez en discuter avec votre vétérinaire afin de changer de spécialité commerciale (utilisation d’un autre adjuvant).

Comment fonctionne un vaccin ?

Quand le vaccin est injecté, le système immunitaire détecte un élément étranger appelé antigène (le système immunitaire arrive à faire la distinction entre le soi et le non-soi et s’il n’y arrive pas, on est dans le cas des maladies auto-immunes). Cet élément est capturé par des cellules comme les macrophages qui participent à l’inflammation au site de l’injection en détruisant cet élément, et les cellules dendritiques, qui elles migrent vers les ganglions pour activer les lymphocytes T en leur présentant l’antigène. Les lymphocytes T vont alors proliférer et participer à l’élimination de l’élément étranger. Les lymphocytes B vont quant-à-eux fabriquer et libérer des anticorps capables de se fixer sur l’antigène et ainsi guider les cellules immunitaires vers lui pour le détruire. Certains lymphocytes vont se transformer en lymphocytes mémoire, ce qui permettra, lorsque l’organisme rencontrera le même antigène, une réponse immunitaire importante et rapide.

Crédit : vaccination info-service

Quels vaccins sont obligatoires ?

En France, l’Etat n’impose aucune vaccination mais certains règlements (code des courses au galop, code des courses au trot, règlement SHF, règlement de la FFE…) les imposent. Il faut d’ailleurs se référer à ces règlements pour connaitre les protocoles propres à chacun.

La vaccination contre la rhinopneumonie et la grippe est obligatoire pour les chevaux de course de galop, de trot, les chevaux participant à des épreuves organisées sous l’égide de la SHF (sauf poulains non sevrés), les chevaux participant à des compétitions FFE des divisions Pro et amateur et les équidés reproducteurs.

La vaccination contre la grippe est imposée pour les chevaux participant à des compétitions FEI, aux chevaux participant à des compétitions FFE en divisions Club, Poney, Préparatoire et Enseignant et aux chevaux participant à des manifestations équestres dans des départements l’imposant.

Au-delà de ces obligations, certaines recommandations vaccinales sont faites pour :

  • Le tétanos, pour tous les équidés (cas rares en raison de la bonne couverture vaccinale).

  • La grippe équine et les herpèsviroses de type 1 et 4, pour les équidés fragiles (juments gestantes, poulains, chevaux âgés, atteints du syndrome de Cushing), les chevaux en contact avec eux et les chevaux à risque de rencontrer le virus.

  • La gourme, pour les jeunes chevaux avant une période à risque.

  • La rotavirose, pour les juments gestantes afin qu’il y ait un transfert d’anticorps au poulain.

  • La fièvre du West Nile, pour les équidés dans le sud de la France et voyageant dans des pays à risque (le vecteur est un moustique du genre Culex donc des mesures de biosécurité contre les moustiques sont aussi à prendre).

  • L’Artérite virale équine, pour les étalons.

  • La rage, dans des cas particuliers, la France étant indemne de rage.

Crédit : RESPE

Sources :

ANSES : Vaccins vétérinaires : le point sur leur évaluation et leur autorisation

Equipédia : Vaccination : principes et bonnes pratiques

Equipédia : La réglementation vaccinale en France

Infovac : Adjuvants

Veterinary Medicine Information website : Equilis StrepE

Veterinary Medicine Information website : ProteqFlu

Veterinary Medicine Information website : EQUIP EHV 1-4

INSERM : Résistance aux antibiotiques, Un phénomène massif et préoccupant