Anticiper permet également de conserver une capacité de choix, plutôt que de devoir accepter le premier fourrage disponible lorsque les stocks sont épuisés.
3. Observer et préserver ses prairies
Le retour des pluies devra être l'occasion d'observer la capacité des prairies à récupérer après le stress hydrique et thermique subi pendant l'été.
Une prairie fragilisée peut présenter des zones dégradées ou dégarnies, favorables au développement de plantes indésirables.
À l’automne, un état des lieux des parcelles peut permettre d’identifier les surfaces qui ont suffisamment récupéré et celles qui nécessitent une intervention : adaptation du pâturage, sursemis ou rénovation, selon l’état du couvert, du sol et les besoins de la structure.
L'IFCE recommande notamment de réaliser un diagnostic de la prairie avant d'envisager une rénovation, afin d'adapter les interventions à son état réel.
4. Valoriser au mieux les ressources disponibles
Lorsque la ressource en herbe diminue, plusieurs leviers peuvent être mobilisés pour limiter la pression sur les prairies et préserver les stocks.
Selon les situations, il est notamment possible de :
adapter la conduite du pâturage ;
privilégier le pâturage tournant ;
valoriser les repousses d'automne lorsque les conditions le permettent ;
préserver certaines parcelles pour les périodes où les besoins seront les plus importants ;
mobiliser d'autres ressources fourragères adaptées aux chevaux.
Une gestion raisonnée du pâturage permet notamment de limiter le gaspillage et de mieux répartir la ressource disponible.
Attention toutefois : prolonger le pâturage à l’automne ne doit pas conduire à dégrader les sols. Il est notamment important d’éviter le piétinement excessif lorsque les sols deviennent trop humides et de préserver des périodes de repos suffisantes pour permettre aux prairies de se régénérer.
5. Adapter l'alimentation sans négliger les besoins du cheval
Face au manque de foin, la tentation peut être de compenser la diminution du fourrage par davantage de céréales ou d'aliments concentrés.
Ce n'est pas une solution à privilégier.
Le cheval est un herbivore dont l'alimentation doit rester majoritairement basée sur les fourrages et apporter une quantité suffisante de fibres.
En cas de changement de fourrage ou de diminution des quantités disponibles, la ration doit être adaptée en fonction des besoins de chaque cheval : âge, poids, état corporel, activité, statut physiologique ou encore éventuelles sensibilités particulières.
Si un nouveau fourrage est utilisé, son analyse peut également aider à mieux connaître sa valeur alimentaire et à ajuster la complémentation.
En cas de modification importante de la ration, l'accompagnement d'un professionnel de l'alimentation équine ou d'un vétérinaire peut être nécessaire.
Et après la sécheresse ?
La gestion de l'urgence ne doit pas faire oublier l'enjeu de long terme.
Les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs sont susceptibles de fragiliser durablement les systèmes fourragers. Ils invitent les structures équines à réfléchir à leur résilience face aux évolutions climatiques.
Plusieurs pistes peuvent être travaillées :
améliorer son autonomie fourragère ;
diversifier les ressources alimentaires ;
mieux connaître et gérer ses prairies ;
adapter les pratiques de pâturage ;
préserver les sols et leur capacité à retenir l'eau ;
sécuriser ses approvisionnements ;
anticiper davantage les besoins en fourrage ;
conserver une marge de sécurité dans ses stocks.
L'objectif n'est pas seulement de gérer la prochaine période de sécheresse, mais de construire progressivement un système plus autonome, plus durable et plus résilient.
La sécheresse, un enjeu pour la durabilité des structures équines
La situation de 2026 rappelle que le changement climatique n'est plus un enjeu lointain pour la filière équine. Ses conséquences se font sentir directement dans les prairies, dans les stocks de fourrage et dans les charges des structures.
Anticiper le manque de fourrage, préserver les prairies et adapter ses pratiques sont donc à la fois des enjeux économiques, environnementaux et de bien-être animal.
C'est dans cette logique que s'inscrit le label EquuRES : accompagner les structures équines dans l'amélioration continue de leurs pratiques environnementales et de bien-être animal, et les aider à construire des fonctionnements plus durables et résilients.
Face aux évolutions climatiques, chaque action compte : préserver les ressources aujourd'hui, c'est aussi sécuriser l'avenir de sa structure et le bien-être de ses chevaux.