Quels sont les objectifs des hébergements sur piste ?

Quels sont les objectifs des hébergements sur piste ?

Les hébergements sur piste ont connu un gain de popularité ces dernières années avec le constat que les chevaux domestiques reçoivent une alimentation bien plus riche que les chevaux dans la nature et qu’ils se déplacent beaucoup moins, ce qui les prédisposent au surpoids.

Quels sont les hébérgements sur piste les plus connus ?

Parmi les concepts d’hébergements sur piste, les plus connus sont le paddock paradise et l’équipiste :

Le système de paddock paradise a été développé par le maréchal Jaime Jackson aux Etats-Unis afin d’éviter les fourbures liées à une alimentation trop riche. C’est pourquoi dans ce système les chevaux n’ont pas accès à l’herbe. Ce concept, créé pour les chevaux avec des problèmes métaboliques, a été inspiré par la vie des chevaux sauvages qui peuvent parcourir des dizaines de kilomètres par jour.

Dans le cas des équipistes, le cheval vit sur piste comme dans le paddock paradise mais a accès à des prairies gérées en pâturage tournant lors de la saison de pâturage en plus du foin.

Quels sont les avantages de ces hébérgements ?

Les objectifs de ces hébergements sont de faciliter le mouvement, de proposer une vie en troupeau, de créer un environnement stimulant et de varier les terrains.

Dans ces systèmes, les pistes sont délimitées par une clôture extérieure permanente et une clôture intérieure qui peut être provisoire le temps de savoir si le tracé choisi s’adapte aux besoins des chevaux et aux vôtres. Les clôtures peuvent être doublées avec des haies fourragères et des arbres comestibles, qui permettent d’avoir un effet brise vent, de fournir de l’ombre et d’apporter une alimentation diversifiée en plus de leurs bénéfices sur la biodiversité et les écosystèmes. De plus, une fois arrivée à la taille désirée, elles seront plus difficiles à franchir qu’une clôture classique.

La piste est souvent ponctuée d’espaces plus larges réservés au nourrissage ou au repos. L’alimentation est principalement composée de foin distribué avec des systèmes de slow feeding (sac à foin, râtelier avec nappe…).

La largeur des pistes est adaptée au nombre de chevaux hébergés ainsi qu’au passage d’un tracteur. Cependant, il ne faut pas qu’elles soient trop larges, ce qui aurait pour effet de diminuer le mouvement des chevaux. Le tracé est à adapter pour que les chevaux puissent y opérer un demi-tour librement et qu’ils ne se retrouvent pas dans un cul de sac où ils pourraient se sentir coincés.

Quels peuvent être les désavantages de ces hébérgements ?

Le principe général de ces systèmes et d’encourager le mouvement par la répartition des ressources en séparant l’eau, l’abri et le foin. Cette configuration peut ne pas être idéale car l’eau est un besoin vital et certains chevaux vont plutôt préférer boire moins souvent plutôt que de se déplacer à chaque fois, surtout par temps chaud. Cela entraine alors une sous hydratation qui entraîne des conséquences plus graves comme le risque de colique ou une thermorégulation compromise. Il peut aussi avoir des conflits liés à la protection des ressources qui peuvent apparaitre à la distribution de la ration.

Le dernier désavantage de ces systèmes est la charge de travail liée au ramassage des crottins sur toute la piste (si le ramassage mécanisé n’est pas possible), la distribution du foin ainsi que l’entretien des clôtures et des haies ainsi que la boue en hiver pour certains sols.

Quelles solutions ?

Pour éviter ces problèmes, il est possible d’encourager le mouvement autrement en mettant en place plusieurs abris répartis sur le tracé par exemple, et en multipliant les zones de nourrissage ainsi qu’en mettant à disposition de l’eau à proximité de ces zones. L'objectif est que le déplacement entre ces zones ne doit pas être trop long pour que les chevaux les utilisent toutes.

De plus, il doit y en avoir assez par rapport au nombre de chevaux et pour éviter les conflits à la distribution de nourriture, un système de sas ou de musettes est à privilégier pour séparer les chevaux et s’assurer que la ration soit bien consommée par le cheval. Si certains des chevaux du troupeau n’en reçoivent pas, il est possible de leur proposer un aliment à base de fibres ou un complément minéral et vitaminé (CMV) pour éviter la frustration de voir ses congénères recevoir de la nourriture sans y avoir accès.

Crédit photo : Esprit-équitation

Le mouvement peut également être encouragé en jouant sur leur curiosité : placer de nouveaux objets sur la piste, proposer des sols différents (terre, sable, gravier…) ou en cachant des aliments appétents (carotte, pomme…) sur le tracé.

Les hébergements sur pistes inspirés par les déplacements réguliers des chevaux sauvages sont donc un moyen d’offrir les 3F (Friends, Freedom, Forage) pour tous les chevaux et notamment ceux ayant besoin de mouvement. Ils permettent de réduire l’ennui des chevaux et leurs permettent d’exprimer leurs comportements naturels.

Sources :

Equi-pistes : lien

Equivégétal : Créer un hébergement sur piste

Association for the Advancement of Natural Horse Care Practices : Paddock paradise

Mad Barn : Le Paddock Paradise pour les chevaux : guide sur les systèmes de pistes

Cheval Paradise : Différences entre équipiste, écurie active et paddock paradise

Association Alter Equus : Paddock paradise